Traduction

Chef de projet en traduction

Acteur pivot du monde de la traduction, le chef de projet organise, coordonne et mène à bien des projets aussi divers que la traduction de communiqués de presse, de manuels techniques, de sites Web ou de logiciels dans des délais souvent très serrés.

Rôle

  • Organisation des projets de traduction
  • Coordination des équipes de traduction
  • Interface client et support technique auprès des traducteurs

Tâches
Le chef de projet se trouve en amont de la chaîne de production : il analyse les besoins du client et établit avec lui un cahier des charges qui définit un cadre de réalisation du projet en termes de temps et de budget ; il recrute les traducteurs et coordonne les travaux de traduction et de relecture des documents. Il peut aussi être amené à travailler avec les services de PAO lorsque les documents demandent une mise en forme complexe ou même les services informatiques dans le cas de projets techniques, informatiques ou de localisation. Il est l’interlocuteur privilégié, celui qui établit le lien entre les clients et les traducteurs, répond aux questions techniques qui peuvent se poser de part et d’autre.

Son intervention peut être également du domaine de la linguistique : dans certains services, le chef de projet crée, met à jour les bases de données terminologiques. Il peut aussi être responsable de la gestion administrative (établir les devis, facturer, archiver). Enfin, il se trouve également en fin de chaîne de production, lorsqu’il s’assure de la satisfaction du client et répond aux éventuels mécontentements.

Compétences
Métier de la communication, la gestion de projet en traduction fait appel à plusieurs types de compétences. Compétences relationnelles tout d’abord : même si les démarches se font surtout par téléphone ou par mail, le chef de projet doit être à l’aise autant à l’écrit qu’à l’oral. Les compétences organisationnelles sont indispensables : le chef de projet jongle entre différents projets, différentes langues, différents domaines… tout en respectant les délais impartis. Les compétences techniques, notamment informatiques, sont également un plus ; le chef de projet est en effet amené à gérer des projets sur supports variés : documents Powerpoint, pages Web, localisation de logiciels, documents techniques mis en forme à l’aide de logiciels de PAO complexes ou de langages informatiques tels que XML, il faut se tenir au courant des évolutions souvent rapides et ne pas avoir peur de l’outil informatique ! Enfin, même si elles sont parfois en retrait, les compétences linguistiques et la connaissance d’une ou plusieurs langues étrangères sont elles aussi incontournables : aussi bien dans ses relations au quotidien avec les clients ou les traducteurs étrangers que dans ses tâches d’analyse des fichiers, de recrutement du traducteur adéquat ou de contrôle qualité des travaux.

Les tâches exécutées peuvent donc être très diverses, elles le sont plus ou moins en fonction de l’environnement. Plus le service est petit, plus le chef de projet mène de bout en bout le projet, de la rédaction du devis jusqu’à la facturation. Il peut parfois s’occuper du démarchage auprès des clients ou organiser des campagnes de recrutement de traducteurs afin d’élargir son fichier de collaborateurs externes. Dans les agences de plus grande taille, ces tâches peuvent se répartir différemment entre les commerciaux, responsables de la production, réviseurs, équipes de PAO, services administratifs…

Environnement
Le chef de projet travaille souvent au sein d’une agence ou du service de traduction interne de grosses entreprises, qui peuvent appartenir à des secteurs aussi divers que la finance, l’automobile, l’aéronautique, le secteur médical ou la communication… Les grandes institutions ou organismes internationaux ont également leur propre département de traduction. La tendance est néanmoins à l’externalisation et les agences de traduction ont souvent un portefeuille de grands comptes. Les traducteurs indépendants sont aussi dans une certaine mesure des chefs de projets à leur compte.

Si dans les petites agences, les clients sont variés et les demandes éclectiques, les grandes ont tendance à se spécialiser ou à s’organiser autour de grands pôles d’expertise. Tout dépend de ce que le chef de projet recherche comme évolution : spécialisation (donc plus grande aide au niveau technique) ou polyvalence (plus grande variété des projets). Les relations hiérarchiques sont elles aussi très diverses et le degré de responsabilité est différent dans chaque agence. La seule constante est ce rôle de relais entre client et traducteurs. La plupart des entreprises travaillent avec des indépendants, chacune a son fichier de contacts et le chef de projet travaille souvent avec les mêmes prestataires dont il connaît la valeur et les domaines d’expertise.

Outils
Le chef de projet utilise l’informatique au quotidien (mais comment faisait-il avant ?) : messagerie, outils bureautiques, outils de TAO (traduction assistée par ordinateur, tel que Trados, Transit ou autres logiciels développés par les agences elles-mêmes, par exemple SDL) ou logiciels plus spécifiques en fonction du domaine (par exemple Corel Catalyst pour la localisation). Le chef de projet doit faire preuve d’un intérêt certain pour l’informatique et même de curiosité au vu de l’évolution rapide des outils. La connaissance des techniques de recherche documentaire, notamment via Internet, peut être aussi un atout, surtout si l’une de ses fonctions est de fournir des documents de référence au traducteur.

Formation
Il n’y a pas de formation ou de diplôme spécifiques mais la plupart des chefs de projet viennent du milieu de la traduction. Ce poste est souvent confié à des traducteurs seniors qui ont une connaissance approfondie et une expérience significative du métier. Une nouvelle tendance privilégie également les individus à double casquette (compétences techniques alliées aux connaissances linguistiques). Le Master professionnel Industries de la langue et traduction spécialisée (Paris 7) et ses entreprises partenaires offrent l’opportunité à ses étudiants de s’initier à la gestion de projet au cours de leur année en alternance.

Salaire
Si les tâches sont variées, les salaires le sont aussi… et la tendance n’est pas vraiment à la hausse. Outre le critère de l’expérience, tout dépend également du statut qu’a le chef de projet au sein de l’entreprise (cadre ou non-cadre), de la taille de l’entreprise et de la politique de celle-ci. Si certaines agences n’ont pas de scrupules à payer leurs chefs de projets au SMIC, la moyenne des salaires tournent autour de 23 000 à 28 000 euros par an pour un jeune chef de projet. La palme revient bien sûr aux organismes internationaux ou européens (mais il faut réussir le concours…). On peut toujours consulter la brochure n°3301 « PERSONNEL DES PRESTATAIRES DE SERVICES DANS LE DOMAINE DU SECTEUR TERTIAIRE » consultable sur le site Legifrance.gouv.fr. Pour plus d’info, voir l’ouvrage de Daniel GOUADEC, Profession : traducteur, Editions Maison du Dictionnaire, 2002.

Auteur : Joaquine BARBET

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